Aparté
Fruit gâté de la spéculation carnassière de mon optimisme béat, endoctrinée par la valeur marchande, je consomme sans modération, pesant l'objet d'un projet à un autre. Occidentale élevée sous l'influence d'une hypocrisie judéo-chrétienne castratrice, j'expose ma chair métissée et mon sang entaché à la face de la modernité. En mouvance sous le diktat d'une civilisation compulsive exprimant fièrement son arrogance par un consensus boulimique, je confie ma candeur à Mère Imagination.
M'apprivoisant à l'acuité de ma solitude, je m'adonne à la contemplation de l'absurde. Flânant des journées entières auprès de Gaia, cheminant sous Ouranos, j'arpente les sentiers égarés à l'affût d'imprévisibles rencontres. La palette à la main, je préserve mon capital vieillesse en provoquant une orthodoxie raisonnable par des aptitudes impulsives.
Initiée au silence, je me plais dans ma subjectivité et supplée la fadaise du quotidien par un périple à travers mes fantasmes, travestissant la banalité, maquillant la laideur, effaçant la réalité. Le bonheur? A portée de pinceaux...
Parce que les frontières internationales des droits fondamentaux tardent à s'étendre, parce que l'anarchie meurtrière de la propriété individuelle séduit toujours autant, parce que le laboratoire néo-libéral s'acharne sur d'innocents cobayes souffrant une pénurie d'espoir... je rêve la Vie après l'inanité.
Le prolétariat se libèrera-t-il du fardeau de la déférence avant que l'on assiste aux obsèques du Prince Charles? Je continue néanmoins à croire en l'évolution de cette société malgré son évidente tétraplégie.